Webzine rennais – Cultures numériques

Jardin Numérique – Quelques Tranches De Vie inattendues

On passe devant elles, insouciants, innocents, presque aveugles. D’un pas assuré, les yeux fixés sur le pavé, les oreilles hermétiques au vacarme urbain. A la sortie du métro, de passage, affrontant la routine du boulot. Ils sont insaisissables, ces moments insignifiants de notre existence. Vraiment ? Tranches de Vie, installé sur l’écran géant du CRIJ de Bretagne, capte, l’espace d’un instant, ces secondes inattendues qui défilent sous nos yeux pressés par le rythme de la vie.

Mises en place par l’association La SophisteTranches de Vie pénètre à merveille l’univers du Jardin Numérique. L’association, crée dans la région Centre en 2009, veut créer de l’évènementiel de sorte à faire ressurgir une part de notre identité. Dernière action en date, La Boite de Pandore, aux Ateliers du Vent. Un atelier participatif et satyrique, « une sorte de soirée sur une thématique hybride entre le mythe et la crise monétaire grecque », se remémore Gaëtan, vice-président de l’association. Le jeune homme, vous avez sûrement déjà du le croiser, il siège des heures durant autour de Piano Stairs, à la sortie du métro Charles de Gaulle. « On avait reproduit une sorte de système boursier, avec un système de jeu et d’actions. Il fallait payer en spéculos ou en action, c’était rigolo. »

On a essayé, les Tranches de Vie - Jardin Numérique (l'Embusc@de).

On a essayé, les Tranches de Vie – Jardin Numérique (l’Embusc@de).

Interagir avec le passant et casser la routine.

Les Tranches de Vie portent avec elles cette même originalité. Un petit coup de poker heureux. « Ca venait d’une opportunité. Je passais au CRIJ et on m’a dit : « tiens, pendant le Jardin Numérique, l’écran est dispo ». On a eu carte blanche avec La Sophiste pour présenter quelque chose. » L’écran du CRIJ, au centre de la réalisation est immense : 42 mètre carrés de LED décomposées en cinq bandes verticales.

On s’est dit qu’il fallait vraiment essayer d’exploiter la verticalité de ces bandes. On a eu beaucoup d’idée sur l’accès à l’interactivité. On aime ça, ça permet de faire des choses originales, les gens s’amusent. L’idée c’était d’être à la fois sur ces cinq bandes verticales et à la fois sur l’interactivité.

Le Jardin Numérique a à coeur, durant cinq jours, de surprendre. Des réalisations technologiques aux ateliers ludiques, le festival montre efficacement combien le numérique est présent autour de nous et à quel point il peut être accessible, déroutant, utile. Postés à la sortie du métro Charles de Gaulle, les notes hasardeuses émanant de l’escalier résonnent derrière nous. « Il y avait aussi cette question de faire échos à Piano Stairs », explique Gaëtan.

On a voulu jouer sur la transformation de l’espace public, sur l’interrogation des gens qui passent quotidiennement quelque part et qui se retrouvent confrontés à quelque chose de nouveau dans cet endroit qu’ils connaissent parfaitement.

Une oeuvre chronophotographique.

A l’aide d’une caméra postée sur le mur vitré du bâtiment et qui capturent ces instants de vie dans cinq zones de passage différentes, le logiciel projette instantanément l’image captée sur une des cinq bandes.« La chronophotographie a été inventée à la fin du XIXe siècle, nous explique le bénévole, devant notre air, il faut bien le dire, un peu dubitatif à la prononciation du terme. L’exemple très connu, c’est la prise de nombreuses photos d’un cheval au galop qui a permis également de décomposer le galop du cheval et de savoir de quelle manière le cheval courre. On l’ignorait auparavant. »

Gaëtan, vice-président de l'association La Sophiste qui a réalisé Tranches de Vie, est aussi stagiaire au Jardin Numérique. Vous avez sûrement du le croiser, au Piano Stairs, métro Charles de Gaulle (l'Embusc@de).

Gaëtan, vice-président de l’association La Sophiste qui a réalisé Tranches de Vie, est aussi stagiaire au Jardin Numérique. Vous avez sûrement du le croiser, au Piano Stairs, métro Charles de Gaulle (l’Embusc@de).

Il n’est pas donné à tout le monde de relever la chose au premier passage. Confondue dans le décor de l’esplanade des Champs Libres, Tranches de Vie surprend et n’attend pas votre autorisation pour vous flasher instinctivement.

Souvent, on voit des gens passer sans s’en rendre compte. Jusqu’au moment où, tiens, il y a quelqu’un qui est en train de faire le con devant et on s’intéresse finalement à savoir ce qu’il se passe.

A lui de nous confier l’apparition régulière de quelques perles photographiques de passants étonnés. Installées jusqu’à la fin du Jardin Numérique, peut-être bien jusqu’à lundi ou mardi, Tranches de Vie mérite le coup d’oeil, même si les meilleurs moments sont souvent ceux auxquels on ne s’attend pas. Oubliez donc cet article et allez vous balader, innocents.

En embusc@de : vous devriez retrouver La Sophiste mardi prochain, à l’occasion du Mardi Gras. L’association est sur le coup, tenez-vous informés !

Tagué: , , , , ,

Classé dans :Carousel, Culture numérique

2 Réponses »

Rétroliens

  1. On parle de Jardin Numérique #2 ! - Jardin numérique
  2. Tranches de Vie | Gaëtan Hervé

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :