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Open-data : les entrepreneurs témoignent d’une « mine d’or » à décadenasser

Utilisation des données lentement ouvertes par les administrations publiques, production d’une valeur ajoutée, commercialisation d’applications et de services : l’open-data fait peu à peu son nid dans le monde de l’entreprise. Quatre entrepreneurs, réunis hier soir à la Cantine Numérique, témoignent d’un marché encore en construction à l’explosion programmée.

Data is the new gold. C’est une expression que l’on doit à la Commission Européenne. « Les administrations publiques européennes ont sous les pieds une véritable mine d’or, au potentiel économique inexploité, que constituent les énormes volumes d’informations recueillies par les divers pouvoirs et services publics », décrit-elle dans un plan d’aide et d’encadrement de l’utilisation des données publiques en date de 12 février 2011. « C’est un signal fort que nous envoyons aujourd’hui aux administrations publiques. Vos données ont davantage de valeur si vous y donnez accès », assure la commissaire Neelie Kroes. Avec elle, la volonté de voir émerger un marché juteux. La bagatelle de 40 milliards d’euros en ligne de mire.

Martin Duval, Stéphane Minard et Yann Aubé autour d'une table ronde sur le potentiel économique de l'Open-Data.

Martin Duval, Stéphane Minard et Yann Aubé autour d’une table ronde sur le potentiel économique de l’Open-Data.

En invitant quatre entrepreneurs, la Cantine Numérique veut prendre la température. « Il y a deux promesses avec l’ouverture des données publiques, confirme Simon Chignard, l’animateur de la soirée. Celle démocratique, avec la participation et la transparence. Et celle économique. » Et la réalité semble être contenue dans le formidable potentiel de l’open-data, la densité des informations à traiter et la difficulté de s’en saisir.

Recueillie ou produite : la valeur ajoutée comme business.

Stéphane Minard et François Bancilhon n’ont pas le même travail : le premier collecte, le second produit. A Ouest Marchés comme à Datapublica, le dénominateur commun reste pourtant la donnée publique et la plus-value que ces deux entreprises innovantes ont à proposer à leurs clients. « C’est d’abord la diffusion d’annonces de marchés du papier vers le numérique, commente Stéphane Minard dont le site collecte et organise en un moteur de recherche tous les appels d’offres du marché public français. Faire d’une pratique manuelle, une autre automatique. » Sa valeur ajoutée, il la gagne dans l’organisation lisible, détaillée et contextualisée des 2000 annonces traitées chaque jour sur une plateforme efficace. Un service gratuit, en grande partie financée par des comptes premium sur lesquels Ouest Marchés réalise le gros de son financement.

Chez Datapublica, le son de cloche diverge : « On fait du développement de données sur mesure, explique François Bancilhon. On identifie des sources brutes, on les extrait et on les transforme en données structures qu’on livrent sous flux ou sous forme d’une visualisation. » Du listage des parlementaires aux lieux de recharge des voitures électriques en passant par la géolocalisation des panneaux publicitaires dans la région parisienne, Datapublica cherche aussi loin que possible ses données.  Là aussi, l’expertise nécessite une valeur ajoutée fondamentale pour la survie de l’entreprise : « On maintient à jour les données qu’on propose de manière abordable et conviviale. »

Le livre blanc réalisé par Bluenove.

Le livre blanc réalisé par Bluenove.

Une ouverture encore difficile.

La société Celtipharm dont l’objectif est de suivre la consommation des médicaments dans les villes françaises afin de proposer leurs conclusions aux autorités de santé et aux chercheurs est un témoin frappant de l’hétérogénéité de l’ouverture des données publiques par les autorités. « Aujourd’hui les autorités pilotent leur politique de santé à l’aveugle, clame Yann Aubé. Il n’y a pas d’études épidémiologiques sur la vie du médicament. » Les données relatives à la santé et au suivi de la consommation médicamenteuse des Français sont ardemment conservées par l’Assurance Maladie, explique-t-il. Une procédure parfois longue de 24 mois est nécessaire aux chercheurs pour y accéder. Et les données consultées ont alors pris entre trois et quatre ans. « On est bloqué depuis 19 mois dans l’utilisation des données brutes des pharmacies », témoigne Yann Aubé, tandis qu’il assure que de telles études pourraient mettre en évidence de mauvaises pratiques médicamenteuses (notamment de surconsommation), voir d’éviter un nouveau Médiator.

« Comprendre et connaître le site de l’INSEE, c’est un boulot en soit », s’amuse à remarquer François Bancilhon, dont les données publiques ne représentent que 50% des sources,. Mais « les entreprises vont vers des démarches d’open-data, assure Martin Duval, dont l’entreprise Bluenove est à l’origine du livre blanc « Open-Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ?« . Cela révèle plein de choses : leur niveau de qualité, d’exigence, de réaction. C’est un mouvement qui est enclenché d’intérêts de tests. »

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